Je ne pouvais terminer ce week-end sans intercaler ce message dans ma série (presque achevée) de publications programmées... Vous allez comprendre pourquoi.

Tout commence par la découverte sur une scène toulousaine d'un chouette groupe de "folktronica" nommé This Is Alaska (qui a du coup gagné sa place dans mes liens !). Ce que je ne savais pas, c'est que l'un des membres du groupe possède plusieurs casquettes... Ce jeune homme est aussi photographe de talent, comme j'ai pu le constater en fouillant sur le net après le concert ! C'est là que le hasard qui fait si bien les choses a pointé le bout de son nez : ce musicien-photographe a, il y a bientôt deux ans, participé à un défi chez l'ami Darth, à l'occasion duquel il avait déjà titillé ma curiosité. Devant tous ces éléments, j'ai décidé de remiser au placard ma timidité (si, j'vous jure, en vrai je suis timide) et de lui envoyer un petit message (enfin, je suis passée par une longue phase de "non mais tu vas passer pour une folle si tu lui envoies une déclaration d'admiration enflammée" et de "de toute façon il doit en avoir rien à cirer de ton avis" ou encore de "ça fait pas un peu stalker, si je lui dis que j'ai épluché son blog et sa chaîne youtube et que je suis allée extirper le défi de Darth des profondeurs des archives pour vérifier que oui, j'avais bel et bien déjà vu sa photo ?", phase qui a duré environ deux jours, bravo Mélusine, tu iras loin dans la vie si tu te poses autant de questions avant d'écrire un mail...) ; bien m'en a pris, car il est adorable et m'a répondu très rapidement !

Et c'est là que vous vous dites que la Mélusine a définitivement grillé ses derniers neurones, pour qu'elle se mette ainsi à raconter par le menu comment elle a envoyé un mail à un type que vous ne connaissez même pas (enfin, sauf si vous étiez chez Darth pour le défi "libre") ; mais non, je ne suis pas complètement folle (juste un peu) ! Le truc, c'est qu'à force de regarder ses photos et d'écouter ses enregistrements, mes doigts se sont mis à me démanger, et ont manifesté leur envie de se promener sur le clavier de l'ordi... Et sa réponse à mon mail a été l'élément déclencheur qui m'a motivée suffisamment pour écrire quelques paragraphes dignes de venir ressusciter la rubrique "plume de paon" ! (une envie d'écrire similaire avait aussi été déclenchée il y a quelques temps par le projet un peu fou d'un ami, je ne sais pas si vous vous en souvenez, ça avait donné ceci...) Vous allez donc pouvoir lire à nouveau ma prose, pour votre plus grand plaisir (ou pas... ^^ ). Et tout ceci me laisse penser que le texte que je dois à mon extra-terrestre préféré devrait finalement pouvoir aboutir, après quelques mois de page blanche (tu vois, j't'oublie pas mon petit Alf !).


Sur ce, place au texte, et souhaitez la bienvenue à Arthur-Coriolan sur mes terres virtuelles ! (je compte sur vous pour lui faire bon accueil dans les commentaires en mon absence ^^ )

 

Le harpiste et le papillon

pour Arthur-Coriolan

                Les doigts se posent, tout doucement, sur les cordes tendues. Un frôlement, à peine perceptible, pas assez appuyé pour provoquer une vibration, pour faire naître une note ; juste de quoi apprivoiser l’instrument, gentiment, une première prise de contact, peut-être en quête d’approbation.

                Au même moment, sur un épi de blé, se pose un papillon. Les ailes irisées battent encore, une fois, deux fois, avant de s’immobiliser. L’équilibre est fragile, mais tout autour le vent s’est arrêté. Alors il se balance, sur la tige souple et encore un peu verte, rectifie sa position d’un léger mouvement d’ailes, se repose un instant.

                Les notes naissent doucement, hésitantes, sous la pulpe des doigts. Puis elles s’affirment, reflet de la volonté du musicien, elles s’organisent, esquissent une valse. Mais les doigts se ravisent, la main change de place, ce sera une pavane. Les cordes vibrent, le bois résonne, il reprend vie sous son vernis aux reflets dorés. Est-ce l’homme qui joue, ou l’instrument qui chante ? Et la mélodie se transforme à nouveau, se jouant des genres, des formes et des époques, parce que la musique n’a pas besoin d’étiquettes pour être belle.

                La tige se balance, seule. Le papillon s’est envolé, n’a laissé que le mouvement derrière lui, comme un écho de son passage. Les notes aussi se sont évanouies dans l’air, mais reste la saveur d’une ballade irlandaise, dans ce grand champ de blé se dorant au soleil. En témoignent aussi quelques fétus de paille, couchés par les pieds de la harpe, qui se redressent presque. Et si l’on tend l’oreille, dans le souffle du vent, on retrouve la trace de vifs battements d’ailes.

 

Les photos qui m'ont inspirée sont celle-ci et celle-là. Pour la musique, faites donc un tour sur sa chaine youtube !

 

Sur ce, bonne nuit, je file, je me lève tôt demain (malheureusement...).

Poutous !